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 visiteur à Pimpoux-Debat!
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Comment, en un an, réunir 31 modélistes de toute la France et des alentours pour construire un réseau éphémère, qui fonctionne et qui ravira les plus de 8000 visiteurs de Rail Expo 2009??

Posée de cette façon, cette question parait relever de la recherche de la quadrature du cercle. Et pourtant, les membres du forum LR Presse se la sont posée dès Rail Expo 2008 terminé.

Voilà quelques années que des projets collectifs se réalisent sur ce forum, mais ils ne réunissaient jamais jamais plus d'une douzaine de participants, le temps demandé par chacun de ces projets étant trop important pour la plupart des modélistes. Suite au succès du réseau Epoquin, à Rail Expo 2008, tout le monde voulait participer à un grand projet commun! Il fallait alors que chaque participant puisse trouver en un an le temps (et l'argent) pour construire sa contribution au projet.
Après un mois de grands débats, les bases étaient jetées: chacun construirait un petit module à voie unique et on les réunirait lors de Rail Expo 2009.
L'étape suivante était de normaliser tout ça afin de se raccorder sans surprise.
Quelques discussions supplémentaires ont abouti à une norme stricte, gage de bon fonctionnement.

1) Les normes Modulino (dessins de Michel Viers)

Interface:



Pièces constitutives du montage. La longueur du modulino est libre et reste au choix du modéliste.



  1. Face avant du modulino, peinte en noir "à tableau";
  2. Fourreau devant recevoir des pieds des 30x30mm;
  3. Pied réglable en tasseau de 30x30mm;
  4. Interface du modulino, construite dans le respect des normes, équipée de deux boulons M8, avec 2 rondelles, une rondelle éventail et un écrou papillon pour le serrage;
  5. Plateforme de la voie;
  6. Equerre à hauteur réglable pour le support de la voie de retour;
  7. Support de la voie de retour, équipé d'un parapet anti-chute. Le coupon de voie de retour sera posé au dernier moment;
  8. Fond de décor (ciel), de hauteur libre, peint en blanc et équipé en partie basse d'un trou pour le passage des fils d'alimentation.




La plateforme de la voie est inspirée de la réalité et le gabarit de libre passage est celui des normes NEM, édictées par le MOROP:





Enfin, le câblage est très simple: un fil rouge et un fil noir. Ca n'a d'ailleurs pas plu à tout le monde et un peu de fantaisie s'est emparée de certains qui ont mis des couleurs peu ortodoxes, ne facilitant pas le montage...



2) Un moment de réflexion

L'idée de base du modulino était d'avoir quelque chose d'assez compact et léger pour que chacun des participants au projet puisse apporter son oeuvre en voiture, train, avion, métro, trotinette et sans l'aide d'un porteur népalais.
D'ailleurs, j'étais bien dans ce cas: il me fallait parcourir 900km en train, traverser Paris en métro, faire 500m à pieds et enfin rouler 40km en voiture pour aller de l'atelier à l'expo...
Je devais donc faire compact. La longueur de 60cm m'est apparue comme étant le meilleur compromis encombrement/place pour réaliser quelque chose. D'ailleurs, plus de la moitié des 31 modulinos mesurait 60cm!
En attendant, j'avais déjà fait quelques croquis de ce que je pouvais réaliser sur cette surface.
Je ne pouvais pas imaginer poser autre chose que de la voie double champignon Midi (ben tiens...) et surtout il fallait situer l'ensemble dans les Pyrénées!!! (chauvin jusqu'au bout!)
Un rapide parcours de différents ouvrages en ma possession sur ce sujet m'a fait retenir plusieurs éléments. Mais sur une surface de 0,18m², il fallait forcément brider mon élan créateur. J'ai alors jeté mon dévolu sur un petit passage à niveau non gardé, permettant à un chemin vicinal non goudronné de traverser la voie, ainsi qu'un ponceau enjambant un petit ruisseau.
Le réseau prévu après raccordement de tous les modulinos devant être très long, un block automatique sera indispensable pour faire circuler plusieurs trains. Pourquoi ne pas non plus installer un signal? (mécanique et de type PO, naturellement)
La caténaire (Midi bien sûr) a été rapidement écartée par décision de ne pas équiper les modulinos pour la traction électrique, à mon grand regret.
Un rapide croquis fut tracé au dos d'une feuille de brouillon et voici mon projet prêt à être lancé!


3) La menuiserie

La menuiserie étant la base de tout réseau, j'ai logiquement commencé par couper du bois. Il y avait à la cave des chutes de contreplaqué de 12mm et du tasseau, la case magasin de matériau m'a été épargnée.
Très classiquement, les découpes sont faites à la scie sauteuse ou égoïne, les assemblages sont consolidés par un bout de tasseau collé et vissé.
En un après midi, la structure de mon modulino était terminée.




Un petit coup de Photoshop m'a ensuite permis de visualiser les volumes:



Tout va bien, c'est exactement comme je me l'imaginais.

Les pieds devaient être réglables. J'ai donc imaginé un système de réglage fin "maison":



4) Les accessoires de décor


Certains accessoires comme le ponceau ou le signal devaient être intégrés dans le décor. Les poser après aurait posé quelques problèmes.
Un abreuvoir en pierre tel qu'on en trouve près des sources est venu s'ajouter à la liste des élements de décor. C'est lors d'une randonnée en montagne que l'idée m'es venue en voyant des moutons se désaltérer à la "hount", comme on dit chez moi.

Le ponceau et la "hount" on été construits en cartun plume. C'est un matériau fabuleux constitué d'une épaisseur de mousse prise en sandwich entre deux couches minces de carton. Une fois débarassée du carton, la mousse se coupe au cutter, se grave à la pointe d'un crayon à papier et se colle à la colle universelle!!! Elle se cintre, se ponce et donne un aspect granuleux comme la pierre. Enfin bref, le carton plume est l'ami du modéliste!

Le ponceau brut de gravure...



... et la hount dans le même état, équipée d'une arrivée d'eau en laiton et de barres repose seau en corde de guitare usagée.



Avant décoration, le carton plume reçoit une couche de gesso acrylique, mixture servant à préparer les toiles des artistes. Ne considère-ton d'ailleurs pas le modélisme ferroviaire comme étant le 10ème art?
La décoration après application du gesso se fait tout simplement à la gouache ou à l'acrylique. L'acrylique présente l'avantage de ne pas être réversible une fois sèche, contrairement à la gouache qui part si on lui remet de l'eau.

Le signal mécanique de type PO a été construit d'une toute autre façon. C'est un kit laiton de chez Rotomagus.
Je passerai sous silence l'absence de notice digne de ce nom, sinon je risque de me fâcher. Mais avec quelques photos de modèles montés et surtout de modèles réels, je suis arrivé sans peine à mes fins.



J'ai même apporté ma touche personnelle à ce beau modèle: échange de la tige de commande en laiton par une autre de diamètre inférieur, transformation de la cible carrée en disque et surtout remplacement des immondes LEDs fournies par des LEDs CMS de moins d'1mm de côté. Les boites à feux ont été représentées par du tube de cuivre collé à la cyano pour éviter les courts circuits.
Enfin, sous le support triangulaire à la base du signal, j'ai soudé un arceau en rail double champignon, en réalité scellé dans le massif de fondation en béton. Une vis a aussi pris place dessous pour fixation sur le modulino.

Si les signaux mécaniques ont été pour la plupart équipés de moteurs, ils étaient autrefois commandés depuis les postes d'aiguillage par des câbles. Quand l'aiguilleur tirait sur le câble grâce à un levier, le signal s'ouvrait. Quand il relâchait la tension du câble, un contrepoids fermait le signal. Sur les signaux PO (comme sur d'autres) ce contrepoids se trouvait au pied du signal. Je ne pouvais donc pas faire l'impasse sur ce détail important!
Après recherche de photos, j'ai pu dessiner un plan plausible et me lancer dans la fabrication du contrepoids.
Sur une base en profilé laiton L de 1mm x 1mm, j'ai installé un pivot (tube de laiton) grâce auquel bascule le bras du contrepoids.

 


Deux pastilles de bronze sont soudées de part et d'autre du bras et voilà le contrepoids terminé



Un coup de peinture gris sombre métallisé (Humbrol 53), et des marquages rouge et blanc donnent au signal un aspect vraiment fini!




Avant de continer, un essai de volumes "à blanc" a été fait et validé!




5) Le relief


Le plus difficile dans cette étape a été de choisir la technique à appliquer. Il en existe des dizaines!
Je connaissais bien celle du polystyrène extrudé empilé puis découpé. Mais cette méthode ne me laissait pas assez de place pour le câblage et surtout pour passer mes petits doigts potelés pour fixer les vis de raccordement.
J'ai un moment envisagé une structure en grillage à poules. Mais les pointes qui en dépassent aiment surtout pénétrer la chair des doigts. Comme j'avais besoin des miens pour ce qui suit, l'option a été écartée.
J'avais aussi lu dans une revue ou un forum que l'on pouvait "tisser" des bandes de carton pour constituer un volume. C'est bien le carton, ça ne mascagne pas les doigts, on en trouve partout, et si on se rate, on peut recommencer sans avoir l'impression de jeter son argent par la fenêtre!
J'ai donc entrepris de débiter des bandes de carton de 2cm de large que j'ai ensuite agrafées et tissées pour obtenir le volume désiré.

Dessus:


Dessous:


C'est un travail de romain, mais sur une petite surface ça ne dépasse pas les limites du raisonnable.

Une fois le volume dressé, il a fallu
le recouvrir de quelque chose pour le rigidifier. Là aussi, les techniques sont nombreuses. De la bande plâtrée au papier toilette impreigné de colle à tapisserie, il existe un vaste éventail de façons de faire.
La mienne m'a été soufflée par François Fontana, bien connu des lecteurs de Loco Revue: le papier kraft, posé en bandelettes sur plusieurs couches et bien imbibé de colle à bois.
Et me voilà parti, une couche à l'endroit, une couche à l'envers, impreignant bien le surface avec un pinceau chargé de colle à bois brute.



Vous remarquerez sur la photo que le ponceau a été intégré à ce moment là. Il est collé sur une planchette, elle même fixée à l'intérieur du modulino.
Une fois la colle sèche, la surface du relief est devenue très dure, tout en restant légère!


6) La pose de la voie


Les normes imposaient que la voie soit posée sur une couche de matériau souple. J'ai utilisé du liège de parement, coupé en bandes et collé sur l aplateforme de la voie.
Comme je l'ai dit dans le paragraphe 2, je voulais de la voie double champignon, comme celle qu'utilisait jadis la compagnie du Midi. Il existe deux marques qui en produisent: SMP, en coupons d'1m et C+L, en kit.
J'ai employé de la SMP me restant du réseau de Pimpoux-Debat.
Chaque compagnie possédait une manière propre de poser sa voie. Je me suis alors servi du gabarit pour voie Midi en coupons de 12m reposant dur 14 traverses proposé par Gérard HUET. Il existe depuis les gabarits VMM d'Apogée Vapeur.
Tout d'abord, j'ai démonté les rails et les traverses afin de patiner ces dernières séparément.



 J'ai ensuite collé les traverses sur le gabarit (lui même collé sur la plateforme de la voie) avant d'y remettre les rails.



Plus jamais je n'emploierai cette technique qui n'apporte rien au réalisme et tend à mettre les nerfs à bout!!!
Il vaut mieux laisser la voie montée et régler l'espacement des traverses en les faisant coulisser sur les rails.
La voie étant censée reproduire plusieurs coupons de 12m, il me fallait poser des éclisses. Elles ont été découpées et formées dans des chutes de photogravure de laiton, puis soudée en place sur les rails. Une petite entaille à la scie a été faite pour simuler les joints de rails. Enfin, les shunts de retour de courant ont été soudés (je prévois de poser un jour la caténaire...).



Les rails ont été enfin patinés grâce au Rusty Painter de Joe's Model Trains




7) Dernière ligne droite: le décor

Pour obtenir une couleur de fond acceptable, j'ai pris l'habitude de toujours peindre les reliefs en brun, couleur terre. Il a fallu d'abord rectifier certains reliefs avec un enduit de ma fabrication composé de colle à carrelage, de teinte universelle et d'un peu d'eau pour diluer. Le tout fut appliqué à la spatule et le petit couteau de peintre était le bienvenu pour les zones de raccord difficiles.

Les planches du passage à niveau ont été taillées dans de la baguette de tilleul (et le doigt aussi!) puis collées en place. Les tire-fond de fixation ont été évoqués par du fil de laiton planté dans le bois.



Le ballast a lui aussi été étalé et collé. Il s'agit de grains de corindon, leur forme rappelle bien le "concassé" du ballast, mais le calibre est un peu fort. Répandus sur la voie avec une bouteille au goulot très fin, ils ont ensuite été répandus avec un pinceau brosse puis avec un autre plus fin pour le "ragalage" fin.
Enfin, un mélange comprenant 2/3 d'eau pour 1/3 de colle à bois, additionné d'une grosse goutte de liquide vaisselle, a été diffusé à la seringue, se répartissant bien entre chaque grain.Après 24h de séchage, le ballast était collé.

Etape suivante: le traitement des sols.
Lors d'une sortie en montagne, j'ai récupéré des pierres et de la terre. La terre a été tamisée et passée au four pour éliminer les parasites, les pierres ont été concassées pour obtenir de petits cailloux.
J'ai ensuite collé quelques cailloux pour faire des roches affleurantes. Les mêmes cailloux m'ont servi à empierrer le ruisseau dont le fond a ensuite reçu du sable et des petits galets de Garonne.



Le tout a ensuite été collé avec le mélange à ballast.



Le reste du modulino a été encollé, saupoudré de terre tamisée puis à nouveau encollé à la seringue.
Seul le chemin a été évité par la seringue pour garder son aspect sec et poussiéreux.



Maintenant le sol recouvert de bonne terre, la végétation va pouvoir pousser.
Tout d'abord les mousses. Toute la zone herbeuse a été recouverte de mousse "Fine Turf" de Woodland Scenics. Le mélange de colle a, là encore, été largement utilisé.



Le pourtout de la hount, régulièrement piétiné par les moutons, est resté couleur terre.
Tant que la colle était humide, j'ai ensuite collé l'herbe avec le Grassinator II (Grassinator I ayant rendu l'âme lors d'un essai malheureux d'augmentation de sa puissance...). Un mélange de fibres GPP de différents coloris et différentes longueurs a été réparti de manière inégale pour éviter un résultat trop régulier. La zone précédemment traitée avec les mousses a reçu des fibres, ainsi que la bande épargnée par les roues au milieu du chemin.
Ensuite, quelques fleurs (GPP) sont apparues ici et là et des poteaux télégraphiques ont été installés.



Les poteaux télégraphiques sont des pics à brochettes affinés au papier de verres et peints en brun Humbrol 83, sur lesquels sont fixés des supports d'isolateurs tirés de la planche Midi Modèle Décor.



Les arbres sont faits avec du zeeschuim de ma récolte personnelle, floqués avec des "feuilles" Linéa Secondaria, tandis que les buissons ont été faits avec du filet floqué Busch.


Il restait quelques détails à poser, comme les croix de St André, en laiton, ainsi que le grillage autour du passage à niveau, en tulle de mariée. Les moutons sont collés en place. Pauvre épicier, son fourgon est décidément bien bloqué!




8) La partie technique

Si le câblage demandé par la norme n'était pas compliqué, mais j'avais aussi choisi d'avoir un signal qui s'ouvre et se ferme en fonction de l'occupation des cantons.
Un moteur Conrad commande la rotation du signal via une tringle en corde à piano. Le contact inverseur sert à alimenter les feux du signal. Un transformateur récupéré sur un appareil électronique hors d'usage alimente l'ensemble.





Tout est calculé au millimètre près, la preuve: ça marche!


Mais ce n'est pas tout! le contrepoids aussi bouge!




9) C'est fini!


Mon modulino est maintenant terminé. Mais comment expliquer aux 8500 visiteurs de Rail Expo pourquoi le fourgon de l'épicier s'est retrouvé bloqué au milieu des moutons? Et puis comment leur faire voir le détail caché?
S'il fallait leur raconter l'histoire à chacun, je finirai aphone au bout d'une demi-journée!
Alors j'ai écrit un petit texte:


Quand la compagnie du Midi construisit la voie ferrée desservant la vallée de Pimpoux-Debat, elle lui fit croiser le chemin allant vers le Pla-de-la-Goueille au lieu-dit « La Hount », la présence d’une fontaine flanquée d’un abreuvoir justifiant ce nom.

C’est ce chemin qu’emprunte tous les jours l’épicier Pradère pour acheter des œufs à la ferme du vieux Lavergne. En effet, depuis qu’un hôtel d’altitude s’est ouvert à Super-Pimpoux, Pradère est tenu d’y livrer quotidiennement des produits frais. Par ailleurs, c’est à cette occasion qu’il a acheté son Citroën H flambant neuf !

Hélas, comme souvent, le chemin est obstrué par la présence des brebis du vieux Lavergne venues se désaltérer à « la Hount ». Le jeune Athanase, berger de la ferme Lavergne, les a encore laissées échapper. « Il court plus souvent après les jupons que derrière ses bêtes » grommelle l’épicier alors qu’il tente de se frayer un chemin parmi les moutons assoiffés.

C’est que, depuis qu’il est arrivé à la ferme, Athanase s’est entiché de la fille de son patron, la jolie Mariette… qui n’est pas indifférente à ce jeune homme fraîchement débarqué, même si son vieux père ne le voit pas de cet œil.


Pour ceux qui se demandent où est Athanase, eh bien il est là, avec Mariette!


(photo: François FOUGER)


Peu de monde a vu la scène, mais le modulino a quand même plu aux visiteurs. J'espère qu'il vous a plu à vous aussi et pourquoi ne pas vous lancer dans la construction du votre? Quelque chose me dit qu'on n'a pas fini d'en voir dans les expos!

10) Pour le plaisir

Quelques photos et vidéos.








Pour en savoir plus sur les Modulino, visitez le site qui leur est dédié

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